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Langue amazighePolitique

Agraw pour l’amazighité exige des excuses publiques d’un député panarabe pour ses propos amazighophobes

L’organisation « Agraw pour l’amazighité » a vivement condamné les propos tenus par le député Omar Mahmoud Benjelloun au nom de son groupe parlementaire, lors de la discussion du programme gouvernemental à la Chambre des représentants, l’appelant à présenter des excuses publiques sans équivoque.

Dans un communiqué parvenu à la rédaction, le bureau exécutif de l’ONG précise que l’élu a d’abord évoqué les budgets alloués à l’officialisation de l’amazighe, avant de restreindre le pluralisme linguistique des Marocains à la seule langue arabe. L’organisation qualifie cette posture de démarche d’exclusion, en totale contradiction avec les principes constitutionnels qui consacrent la diversité linguistique du pays.

Par conséquent, l’organisation enjoint au parlementaire de s’engager à ne plus réitérer de telles déclarations et de clarifier sa position à l’égard de la sollicitude royale envers la langue amazighe. Elle impute également la responsabilité politique de ce discours à son parti et à son groupe parlementaire, tout en appelant la présidence de la Chambre des représentants à veiller au respect de la diversité linguistique sous la coupole de l’hémicycle et à engager des procédures disciplinaires si nécessaire.

Dans le même cadre, l’organisation plaide pour l’adoption d’une loi pénalisant toute forme de discrimination et d’anti-amazighisme. Elle demande également d’accélérer l’officialisation effective de l’amazighe selon des calendriers précis et des budgets transparents. Par ailleurs, elle dénonce les railleries ciblant la prononciation de la cheffe du gouvernement, teintée de darija marrakchie, réaffirmant son rejet catégorique de tout mépris envers les accents et les variantes linguistiques locales.

L’ONG conclut son communiqué en insistant sur le fait que la promotion et la réhabilitation de l’amazighe constituent « un devoir national et constitutionnel non négociable ».

Communiqué de dénonciation

L’organisation « Agraw pour l’amazighité » a suivi avec une vive indignation l’intervention du député Omar Mahmoud Benjelloun, prononcée au nom de son groupe parlementaire lors de la discussion du programme gouvernemental à la Chambre des représentants. Dans cette allocution, l’élu a abordé les dotations budgétaires destinées à l’officialisation de l’amazighe, avant de réduire le socle linguistique officiel commun des Marocains à la formule : « notre langue officielle, à savoir la langue de la lettre Dâd, la langue arabe ». Ce discours véhicule des relents d’exclusion inacceptables, en porte-à-faux avec le pluralisme linguistique garanti par la Constitution du Royaume.

L’organisation rappelle que l’amazighe est une composante fondamentale de l’identité marocaine unie, une langue officielle de l’État et le bien commun de l’ensemble des Marocains sans exception. Ce principe a été réaffirmé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI dans le discours historique d’Ajdir en 2001, au cœur d’un processus continu de sollicitude royale envers l’amazighe, couronné par sa reconnaissance constitutionnelle en 2011.

En conséquence, l’organisation « Agraw pour l’amazighité » déclare ce qui suit :

Premièrement : elle condamne la teneur excluante et discriminatoire de cette intervention et refuse de restreindre le patrimoine linguistique officiel commun des Marocains à une seule langue, tout comme elle rejette toute tentative de dévaloriser l’amazighe et son rang constitutionnel.

Deuxièmement : elle considère que les fonds alloués à l’amazighe constituent un droit constitutionnel légitime, indispensable pour réparer des décennies de marginalisation, et refuse toute remise en cause de la légitimité de ce financement. Elle réclame le renforcement des ressources selon les besoins réels, l’adoption de mesures d’équité et de discrimination positive, ainsi que l’accélération de l’intégration de la langue dans l’enseignement, la justice, l’administration, les médias et les services publics.

Troisièmement : elle exige du député Omar Mahmoud Benjelloun des excuses publiques et explicites, l’engagement formel de ne plus tenir de discours d’exclusion, ainsi qu’une clarification de sa position sur la sollicitude royale envers l’amazighe et l’affectation des ressources requises pour sa mise en œuvre effective.

Quatrièmement : elle tient son parti et son groupe parlementaire pour politiquement responsables de cette allocution prononcée en leur nom. Elle leur demande de condamner ouvertement ces propos excluants, d’exprimer une position sans ambiguïté sur les droits amazighs et le financement de l’officialisation, et de prendre les mesures appropriées pour empêcher la répétition de tels dérapages.

Cinquièmement : elle appelle la présidence de la Chambre des représentants à garantir le respect du pluralisme linguistique et culturel au sein de l’institution législative, et à engager les sanctions disciplinaires prévues par le règlement intérieur chaque fois que la situation l’exige.

Sixièmement : elle demande la promulgation d’une loi criminalisant l’anti-amazighisme et toute forme de discrimination, qu’il s’agisse d’actes racistes, d’incitation à la haine ou à la violence, d’injures discriminatoires ou de privation de droits fondées sur la langue ou l’identité amazighes, tout en prévoyant des sanctions claires, la réparation pour les victimes et la préservation de la liberté d’expression, de la critique et de la recherche scientifique.

Septièmement : elle invite le gouvernement et le Parlement à accélérer l’officialisation de l’amazighe, en associant les crédits alloués à des programmes et des échéances claires, dans un cadre de transparence et de reddition des comptes face aux retards constatés.

Huitièmement : elle réprouve vivement les moqueries visant la prononciation de la cheffe du gouvernement, influencée par la darija marrakchie, et rejette tout dénigrement des accents régionaux et des particularismes d’élocution. La darija marocaine demeure la langue maternelle d’une grande majorité de citoyens et un pilier de leur identité et de leur patrimoine linguistique, qui ne saurait servir de prétexte à la raillerie ou à la discrimination.

L’organisation « Agraw pour l’amazighité » réaffirme son engagement à défendre les droits linguistiques et culturels des Marocains, à interpeller les acteurs politiques et institutionnels, et à combattre tout discours dénigrant l’amazighe ou perpétuant la discrimination entre les citoyens.

Le respect et la pleine reconnaissance de l’amazighe demeurent un devoir national et constitutionnel inaliénable.

Pour le bureau exécutif de l’organisation « Agraw pour l’amazighité »

Le coordinateur national : Rachid Bouhaddouz

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