Drâa-Tafilalet : la gestion de l’enseignement de l’amazighe suscite la colère syndicale et des menaces de grève
Les tensions administratives observées dans la région de Drâa-Tafilalet remettent au premier plan le chantier de la généralisation de l’amazighe et ses conditions d’enseignement. La Fédération nationale de l’enseignement (FNE), affiliée à l’Union marocaine du travail (UMT), alerte en effet sur les répercussions de ce qu’elle qualifie de « dysfonctionnements » entourant la gestion des volumes horaires consacrés à la langue amazighe à l’échelle régionale. L’organisation syndicale en attribue la responsabilité à certaines autorités administratives, accusées d’émettre des instructions et des décisions qui lèsent les droits et les acquis professionnels des enseignants spécialisés. Elle exige ainsi une intervention immédiate de l’Académie régionale d’éducation et de formation (AREF) afin de remédier à cette situation et de désamorcer la grogne croissante au sein des établissements scolaires.
Cette mise en garde figure dans une correspondance officielle adressée par le bureau régional du syndicat au directeur de l’AREF de Drâa-Tafilalet. L’organisation y exprime sa vive réprobation face à la reconduction de pratiques de gestion soulevant de sérieuses interrogations quant au respect des circulaires et des textes régissant l’enseignement de la langue amazighe. Elle prévient également contre les conséquences néfastes de ces mesures sur la stabilité professionnelle et pédagogique du corps enseignant.
Le bureau syndical souligne que la réussite du projet d’enseignement de l’amazighe et la consolidation de sa place au sein de l’école publique demeurent indissociables de la mise en place d’un environnement de travail équitable pour les enseignants de la discipline. À cet égard, il met en garde contre la tentation de surcharger ces derniers d’heures supplémentaires contraires aux règles établies, ou de leur imposer des interprétations administratives unilatérales des règlements, qui portent atteinte à leurs acquis professionnels.
Par conséquent, la section régionale appelle le directeur de l’académie à intervenir d’urgence pour faire respecter le cadre juridique encadrant la matière, au premier rang duquel figurent les notes ministérielles n° 116 et n° 130. Elle insiste sur l’harmonisation de leur application au niveau des différentes directions provinciales et des établissements de la région, de façon à éliminer les disparités de traitement et les inégalités de conditions de travail d’une école à l’autre.
Le syndicat exige en outre la révision des emplois du temps et des affectations assignés aux professeurs de langue amazighe, ainsi que l’annulation de toute mesure non conforme aux réglementations en vigueur. Selon l’organisation, la résorption du déficit en ressources humaines ne saurait s’effectuer en augmentant la charge horaire des enseignants en dehors des cadres légaux et réglementaires en place.
Le courrier syndical soulève également la question d’une note attribuée à la Direction des curricula, invoquée pour réorganiser les volumes horaires de l’enseignement de l’amazighe. Le syndicat réclame à l’académie la communication du texte intégral de ce document, la précision de son fondement juridique ainsi que son champ d’application, afin de s’assurer de la conformité des mesures prises à son égard avec les dispositions légales.
L’organisation demande par ailleurs le retrait et l’annulation de toute disposition contraire aux lois et règlements applicables. Elle plaide pour l’adoption d’un référentiel clair et uniforme pour gérer ce dossier, en lieu et place d’interprétations divergentes qui créent des disparités d’obligations professionnelles entre les enseignants d’un établissement à un autre.
Sur le plan corporatif, le syndicat appelle à préserver la dignité et les droits des enseignantes et enseignants spécialisés en langue amazighe. Il réclame l’arrêt de toute pression ou entrave visant les professeurs attachés au strict respect des règles, demandant parallèlement le traitement, selon les voies légales en vigueur, de l’ensemble des recours et doléances déposés.
Parallèlement à la dénonciation de ces manquements, la FNE-UMT affirme sa disposition à engager un dialogue institutionnel constructif avec les services de l’académie régionale. Elle préconise la tenue d’une réunion d’urgence entre l’administration et les représentants syndicaux afin d’examiner ces dysfonctionnements et de convenir de solutions concrètes pour y mettre fin.
Le syndicat exige que les conclusions de cette rencontre soient consignées dans un procès-verbal officiel et contraignant, précisant les engagements réciproques et les calendriers d’exécution, de manière à passer du débat théorique au règlement effectif des difficultés constatées sur le terrain.
Dans la même optique, le bureau régional réaffirme que la gestion de l’enseignement de l’amazighe commande une stricte conformité aux textes juridiques et une harmonisation des procédures de mise en œuvre. Il insiste sur le fait que la gestion du manque d’effectifs ne doit en aucun cas s’opérer aux dépens des acquis des enseignants ni par l’imposition de tâches non prévues par la réglementation.
Enfin, le syndicat conclut sa lettre en exhortant le directeur de l’AREF à apporter une réponse écrite et rapide détaillant les dispositions envisagées pour surmonter cette crise. Il avertit que le maintien du statu quo et l’absence de mesures concrètes contraindront l’organisation à engager des actions de protestation pour défendre les droits et acquis professionnels des enseignants de langue amazighe.
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