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Officialisation de l’amazighe : 23 associations interpellent le Chef du gouvernement avec neuf mesures d’urgence

Une note adressée à la présidence du gouvernement, signée par vingt-trois organisations et associations amazighes, remet au centre du débat public l’engagement des autorités envers la mise en œuvre effective du caractère officiel de l’amazighe. Les signataires exigent du gouvernement l’adoption de neuf mesures urgentes. Celles-ci incluent la généralisation de l’enseignement de la langue, le renforcement de sa présence dans les médias, l’administration et la justice, ainsi que la création d’un fonds spécial de soutien. Ils appellent également à l’activation des mécanismes de coordination et de suivi prévus par la loi organique n° 26.16.

Cette note, soumise au Chef du gouvernement, propose une feuille de route pour passer de la reconnaissance constitutionnelle et légale de l’amazighe à une application concrète et globale dans les différents secteurs et institutions. Les revendications s’appuient sur l’article 5 de la Constitution et les dispositions de la loi organique fixant les étapes de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et les domaines prioritaires de la vie publique.

Dans le secteur de l’éducation, les organisations signataires préconisent une généralisation horizontale et verticale de l’enseignement de la langue amazighe à tous les cycles scolaires, y compris le préscolaire. Elles insistent sur l’adoption d’un programme d’urgence respectant le calendrier légal établi. La note demande également la création de cellules de suivi et d’évaluation aux niveaux central, régional et provincial, l’augmentation du nombre de postes dédiés aux enseignants spécialisés, le renforcement de la formation initiale et continue, ainsi que l’enseignement de l’amazighe aux membres de la communauté marocaine résidant à l’étranger.

Sur les plans médiatique et culturel, la note appelle au renforcement de la chaîne « Tamazight » et au respect des cahiers des charges concernant la présence de la langue amazighe sur les autres chaînes nationales. Les propositions incluent la création de chaînes de télévision régionales amazighes et l’intégration de la langue dans les radios régionales. Les signataires réclament par ailleurs la mise en place d’une cellule centrale pour l’information amazighe et l’instauration d’une égalité entre les deux langues officielles dans le soutien aux projets culturels et créatifs (édition, théâtre, arts). Ils soulignent enfin la nécessité d’actualiser l’histoire du Maroc et de préserver les noms de lieux et de personnalités marocaines.

Concernant le volet financier, les associations exhortent le gouvernement à concrétiser son engagement de créer un fonds spécial pour le soutien à l’utilisation de l’amazighe, doté d’un budget estimé à deux milliards de dirhams. Ces ressources devraient être orientées en priorité vers la transition numérique de la langue et l’équipement des administrations et services publics en moyens linguistiques et humains nécessaires à l’accueil des citoyens, tout en garantissant une gestion transparente.

Parallèlement, la note demande l’accélération de l’application de l’article 34 de la loi organique n° 26.16, à travers la réactivation de la Commission ministérielle permanente auprès du Chef du gouvernement. Cette instance doit assurer la coordination entre les départements ministériels, suivre l’exécution des mesures liées à l’officialisation de la langue et élaborer des rapports périodiques sur l’état d’avancement des chantiers.

En ce qui concerne l’administration, les services publics et la justice, la note souligne l’impératif de mobiliser des fonctionnaires et des cadres maîtrisant l’amazighe à l’oral comme à l’écrit (en caractères tifinagh). Elle préconise l’instauration d’une formation continue pour les agents publics et invite le secteur privé à adopter des mesures similaires. L’usage des deux langues officielles dans les documents et transactions administratives est également réclamé, tout comme la satisfaction des revendications des agents d’accueil d’expression amazighe au sein des institutions publiques.

Les organisations signataires affirment que l’activation du caractère officiel de l’amazighe doit reposer sur une approche citoyenne englobant tous les Marocains sur l’ensemble du territoire, au lieu de se limiter aux zones amazighophones. Elles insistent sur le droit des non-locuteurs à apprendre la langue, considérant que la justice linguistique et territoriale nécessite de dépasser les mesures formelles et bureaucratiques pour lier les engagements légaux à des mécanismes d’exécution et de financement clairs.

La note appelle la présidence du gouvernement à adopter ces propositions comme une feuille de route pour accélérer la mise en œuvre globale du caractère officiel de l’amazighe, garantissant ainsi l’égalité linguistique et culturelle et la préservation de la pluralité de l’identité marocaine.

La liste des signataires comprend notamment la Confédération des associations amazighes du Nord, la Confédération des associations amazighes du Sud Marocain, le Centre d’études amazighes, historiques et environnementales, ainsi que l’Organisation Tamaynut. S’y ajoutent diverses coordinations et clubs culturels, tels que la Coordination nationale des enseignants de la langue amazighe, le Syndicat national des agents d’accueil d’expression amazighe dans les administrations publiques, et l’association Tirra des écrivains en langue amazighe.

Liste des organismes et associations signataires de la note :

Confédération des associations amazighes du Nord (Nador).

Confédération des associations amazighes du Sud Marocain (Agadir).

Centre d’études amazighes, historiques et environnementales (Agadir).

Organisation Tamaynut – Bureau fédéral.

Association Aghboula pour la culture et le développement (Agadir).

Association Tilila pour la culture et le développement social (Agadir).

Syndicat national des agents d’accueil d’expression amazighe dans les administrations et établissements publics (Rabat).

Ciné-club Noureddine Saïl.

Coordination nationale des enseignants de la langue amazighe (Rabat).

Association Amghar (Khénifra).

Association Initiatives régionales pour le développement et la communication.

Association Tirra (Écrivains en langue amazighe).

Association Qatrat Amal (Agadir).

Club Akaplus (Agadir).

Association Al-Wiam pour la culture et l’art (Agadir).

Association Espace Amazigh Timoulay.

Association Abaraz pour la création artistique.

Association Tamkrt pour la culture et le développement (Chtouka Aït Baha).

Association Aftas (Taghazout).

Association des habitants de Taghazout pour le développement et la coopération.

Association culturelle et sociale Tilelli n Adrar (Aït Baha).

Coordination Tinmel pour la défense de l’enseignement de la langue amazighe à l’école marocaine.

Association Assidd (Meknès).

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