Hassan Abrahim demande l’intégration de l’amazighe dans les budgets sectoriels publics
L’amazighe est une langue officielle de l’État et non une langue en attente d’aumône.
Il est indéniable que la mise en œuvre effective du caractère officiel de l’amazighe ne peut se réaliser par la logique des fonds exceptionnels et des crédits conjoncturels. Elle exige plutôt une volonté politique claire, un engagement institutionnel global et des budgets permanents inscrits dans les budgets sectoriels des différents ministères et établissements publics, à l’instar des autres langues utilisées dans la gestion des affaires publiques.
La langue amazighe n’a nul besoin que l’on lui accorde des subventions par faveur. Elle requiert une politique publique équitable lui garantissant sa part du budget général de l’État, selon des programmes précis et des indicateurs évaluables et soumis à la reddition des comptes.
La question qui mérite d’être posée avec audace en ce 22 octobre 2026 est la suivante : pourquoi les dépenses liées à l’usage de l’arabe et du français sont-elles intégrées aux budgets ordinaires des institutions, alors que l’on souhaite maintenir l’amazighe otage d’un fonds spécial ?
L’équité linguistique ne s’obtient ni par des slogans ni par des initiatives symboliques. Elle passe par l’égalité des engagements institutionnels et la mobilisation des ressources financières et humaines nécessaires pour concrétiser l’officialisation de l’amazighe sur le terrain.
L’amazighe attendrait-elle que l’on lui fasse l’aumône ? Les gouvernements doivent-ils percevoir le dossier de l’amazighe comme un projet caritatif en quête de bienfaiteurs ? Ou l’État doit-il assumer sa responsabilité constitutionnelle envers l’une de ses deux langues officielles ?
Par Hassan Abrahim
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