Vendredi 23 octobre 2026ⴰⵙⵉⵎⵡⴰⵙ 23 ⴽⵟⵓⴱⵕ 2026
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Les salaires sous 10 000 DH seront totalement exonérés d’impôt dès 2027

Présenté vendredi devant les députés par Fouzi Lekjaa, le projet de loi de finances 2027 prévoit aussi 25 874 postes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’une hausse des budgets sociaux.

Rabat – Vendredi 23 octobre 2026. Les salaires mensuels inférieurs ou égaux à 10 000 DH seront totalement exonérés d’impôt sur le revenu (IR) à compter du 1er janvier 2027. C’est la mesure centrale du projet de loi de finances (PLF) 2027, que le gouvernement présente comme l’amorce d’un véritable État social. Le texte prévoit aussi l’ouverture de 8 000 postes dans la santé et de 17 874 dans l’éducation. Il relève la pension de retraite minimale à 1 700 DH dès janvier 2027, avec l’objectif de l’amener à 3 000 DH d’ici la fin de la législature.

Un texte défendu comme un tournant politique

Fouzi Lekjaa a exposé les grandes lignes du PLF lors d’une séance à la Chambre des représentants, vendredi 23 octobre. Il a revendiqué une réorientation politique : le projet, a-t-il dit, ouvre la voie à un véritable État social, capable de traiter de manière transversale les enjeux socio-économiques, en s’opposant aux structures de monopole et aux mécanismes d’exclusion.

Le texte avait été adopté mardi dernier par le Conseil de gouvernement, réuni à Rabat sous la présidence de la cheffe du gouvernement, Fatima Ezzahra El Mansouri, sous la référence PLF n° 60.26.

Fiscalité : 87 % des salariés concernés

Dès le 1er janvier, les revenus salariaux n’excédant pas 10 000 DH par mois seront affranchis de l’IR. La mesure concerne 87 % des salariés. La majorité des bénéficiaires verront leur revenu mensuel augmenter de 500 DH. Pour les finances publiques, la charge est estimée à 5,5 milliards de DH sur l’exercice 2027.

La restructuration de l’IR sera appliquée de manière échelonnée. À l’horizon 2031, le gain de pouvoir d’achat devrait atteindre 1 186 DH pour un salaire de 11 800 DH, et 3 079 DH pour une rémunération de 18 700 DH.

Retraités, veuves et ménages modestes

Le gouvernement prévoit une hausse graduelle du minimum légal des pensions vers 3 000 DH par mois. Un premier jalon sera posé au 1er janvier 2027, avec un minimum de 1 700 DH au profit d’environ 500 000 retraités.

À la même échéance, le taux de réversion de la pension de base pour les veuves doublera, de 50 % à 100 % de la prestation du conjoint décédé. Cette mesure vise environ 431 000 bénéficiaires.

L’État s’engage également à subventionner intégralement les factures d’électricité inférieures ou égales à 100 DH par mois, ce qui couvre près de 6 millions de foyers.

L’aide sociale directe sera revalorisée progressivement pour atteindre 1 000 DH d’ici 2031, contre 500 DH aujourd’hui. Une première tranche de 100 DH sera ajoutée dès 2027.

Santé : 45,4 milliards de DH et 8 000 postes

Les crédits de la santé grimpent à 45,4 milliards de DH, soit 3 milliards de plus, avec la création de 8 000 postes budgétaires. Ces fonds iront en priorité aux groupements sanitaires territoriaux, à l’ouverture du nouveau CHU de Casablanca et à la mise à niveau des 1 600 structures de santé de proximité lancées sous le mandat précédent. Ils accompagneront aussi la transition vers une gestion numérique du système de santé.

Éducation : 121,3 milliards de DH et 17 874 postes

Le budget de l’Éducation nationale passe à 121,3 milliards de DH, soit 5,3 milliards de plus, avec 17 874 postes budgétaires à la clé. Les priorités sont l’extension du préscolaire à l’ensemble du territoire et la lutte contre la déperdition scolaire. Cette dernière passera par des programmes de remédiation et des parcours alternatifs pour les élèves ayant quitté le système.

Logement, territoires et eau

Pour l’aide au logement, 10,4 milliards de DH seront alloués à la poursuite du programme, qui avait déjà bénéficié à 128 000 personnes à fin septembre 2026.

Une enveloppe de 25 milliards de DH est dédiée à une nouvelle génération de politiques de développement territorial, dont le pilotage reviendra à de nouvelles instances régionales. Par souci de transparence, une interface numérique permettra aux citoyens de suivre la programmation des projets, le calendrier des travaux et leurs taux de réalisation.

Sur la sécurité hydrique, 67 milliards de DH d’investissement sont prévus. Le projet poursuit la construction des infrastructures de stockage et accélère le dessalement de l’eau de mer ainsi que les interconnexions entre bassins. Ces chantiers s’inscrivent dans une logique de partenariat public-privé.

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