Plaques d’immatriculation : Tamaynut dénonce l’exclusion du tifinagh, jugée anticonstitutionnelle
Une décision du ministère du Transport et de la Logistique relance le débat sur la place de la langue amazighe et de son alphabet, le tifinagh, dans les documents administratifs. L’organisation Tamaynut a dénoncé l’absence de ce caractère sur les plaques et numéros d’immatriculation des véhicules, jugeant la mesure contraire à la Constitution.
Il s’agit de la décision n° 640.26 du ministre du Transport et de la Logistique, datée du 26 mars 2026, modifiant et complétant la décision n° 2711.10 relative à l’immatriculation des véhicules à moteur et des remorques. Selon un communiqué du bureau fédéral de Tamaynut publié le 11 août 2026, ce texte a ajouté les caractères latins aux côtés des caractères arabes dans la série normale des plaques et numéros d’immatriculation, sans y inclure le tifinagh.
Pour Tamaynut, cette exclusion pose un problème d’ordre constitutionnel, l’amazighe étant une langue officielle de l’État. L’absence de son alphabet sur un document administratif tel que la plaque d’immatriculation serait, selon l’organisation, incompatible avec les engagements pris en matière d’officialisation de la langue amazighe et de son intégration dans les différents pans de la vie publique.
L’organisation insiste sur le fait que le principe de suprématie de la Constitution impose la cohérence des décisions émanant des institutions publiques avec ses dispositions. Elle appelle à passer de ce qu’elle qualifie de « constitutionnalisation des textes » à une « constitutionnalisation de la pratique », par une application effective de ces dispositions sur le terrain.
Le communiqué demande au ministre du Transport et de la Logistique une intervention urgente pour corriger ce que l’organisation qualifie de dysfonctionnement, en intégrant le tifinagh parmi les caractères retenus pour les plaques et numéros d’immatriculation des véhicules et des remorques.
Ces critiques s’inscrivent dans une série d’observations formulées par des acteurs amazighs à l’encontre de décisions administratives jugées excluantes pour l’amazighe. Un écart, selon Tamaynut, entre le discours officiel sur la reconnaissance de la langue amazighe et les pratiques de certaines institutions publiques.
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