Errachidia : les enseignants de l’amazighe refusent d’enseigner d’autres matières
Un communiqué du secrétariat provincial des enseignants et enseignantes de la langue amazighe d’Errachidia relance le débat sur les conditions d’enseignement de la matière dans la province, en ce début d’année scolaire. Le secrétariat relève du Syndicat national de l’enseignement, affilié à la Confédération démocratique du travail (CDT). Le texte critique la gestion de la matière. Il réclame le respect de la spécialité des cadres qui l’enseignent et la mise en place des conditions nécessaires à son déploiement dans les établissements.
Selon le secrétariat, la rentrée a été marquée par plusieurs difficultés : ce qu’il qualifie d’« affectations arbitraires », mais aussi des mutations et des mises à disposition dans d’autres établissements. Il signale également que l’on confie à des enseignants de l’amazighe d’autres matières pour combler le déficit de personnel. Il rejette ces pratiques. À ses yeux, le manque d’effectifs ne doit pas se régler au détriment de la spécialité des enseignants de l’amazighe, ni du temps scolaire réservé à la matière. Il dénonce aussi l’imposition de 30 heures de travail hebdomadaires, sans tenir compte du nombre de groupes ni des contraintes propres à l’enseignement de la langue.
Le communiqué s’arrête aussi sur la programmation des séances des différentes composantes de la matière en dehors des heures d’enseignement effectif des élèves. Il déplore un recul de la présence de l’amazighe pendant la phase de soutien intensif. Il appelle à garantir à la matière le bénéfice du temps scolaire et des programmes pédagogiques qui lui sont consacrés.
Concernant les conditions de travail, le texte relève un manque d’infrastructures et de moyens didactiques, ainsi qu’une formation continue limitée. Il exige que les enseignants de l’amazighe disposent des moyens d’exercer leurs missions dans des conditions pédagogiques adéquates. Le secrétariat insiste par ailleurs sur l’égalité d’accès aux dispositifs de soutien et d’incitation, notamment les projets des établissements pionniers et les indemnités. Il demande que les enseignants de la matière ne soient pas exclus des initiatives destinées au personnel enseignant.
Sur le plan des revendications précises, l’instance demande le réexamen de la note de la direction provinciale n° 129/25 et l’adoption de la note de cadrage n° 130. Elle réclame aussi l’ouverture d’un dialogue avec les responsables pour examiner les problèmes de gestion de la matière dans la province.
À propos de la généralisation de l’enseignement de l’amazighe, le secrétariat estime que l’extension doit être « horizontale et verticale » au sein des établissements. L’objectif doit être d’élargir l’enseignement de la matière, non de disperser un même enseignant sur un plus grand nombre d’établissements. Il propose de ramener de huit à quatre le nombre de groupes confiés à chaque enseignant, en contrepartie d’un allongement du temps d’apprentissage par groupe, de trois à quatre heures.
Le secrétariat conclut en appelant les cadres de langue amazighe de la province à renforcer la coordination syndicale et à se tenir prêts à défendre leurs revendications. Il affirme qu’il continuera à exiger l’amélioration des conditions de travail et une présence effective de l’amazighe à l’école publique.
Source : Le Monde amazigh
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