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30 engagements amazighs proposés aux partis avant les législatives


À un mois des élections législatives prévues le 23 septembre 2026, la Fédération nationale des associations amazighes du Maroc a appelé les partis politiques à placer la cause amazighe parmi leurs priorités, en intégrant dans leurs programmes électoraux une série d’engagements liés à la langue et à la culture amazighes.

L’organisation a présenté, dans ce cadre, 30 engagements d’ordre juridique et législatif visant à garantir l’officialisation effective de la langue amazighe et son intégration dans les différents pans de la vie publique. Elle appelle notamment à l’usage de la langue amazighe et de l’alphabet tifinagh dans les campagnes et supports électoraux.

La Fédération insiste sur la nécessité de généraliser l’enseignement de l’amazighe dans le public comme dans le privé, de l’intégrer au préscolaire, et d’en étendre la portée à la communauté marocaine résidant à l’étranger. Elle réclame également la révision des textes limitant la langue de la justice à l’arabe, la modification des lois sur la nationalité et sur le soutien culturel et artistique, ainsi que la création d’un observatoire national de lutte contre la discrimination et la mise en œuvre des recommandations onusiennes en la matière.

Parmi ses revendications figure aussi l’application de l’article 6 de la loi organique n° 04.16 relative au Conseil national des langues et de la culture marocaine, ainsi que le renforcement de la présence de l’amazighe dans les médias audiovisuels et écrits, par la révision des cahiers des charges des chaînes de télévision et des radios afin de garantir une présence centrale des productions en langue amazighe.

La Fédération appelle par ailleurs à purger l’espace public, les manuels scolaires et le discours officiel d’expressions qu’elle qualifie de « connotation raciste et excluante », telles que « Maghreb arabe » ou « dahir berbère », tout en insistant sur l’application du principe de discrimination positive dans l’élaboration des programmes et l’adoption de mesures visant à prévenir toute forme de dépossession matérielle et immatérielle subie par les tribus amazighes, afin de préserver la toponymie amazighe et de mettre fin à l’arabisation de son environnement.

L’organisation demande également la levée de l’exclusion visant les composantes amazighes — langue et culture — au sein de la diaspora, l’application du principe d’égalité entre les deux langues officielles dans les décisions concernant les Marocains du monde, ainsi que le soutien à la littérature et aux arts amazighs, la fin de la marginalisation de leurs créateurs et le renforcement de leur place dans le budget du ministère de la Culture.

Parmi ses dernières revendications, la Fédération appelle à œuvrer à la création d’une union des peuples d’Afrique du Nord et du Sahel, à poursuivre la lutte pour restituer à l’amazighe sa place historique dans la région, et à modifier le deuxième alinéa de l’article 9 de la loi n° 62.06 relative à la nationalité marocaine.

Source: Amadal Amazigh – Jamal Bourfissi

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