Réponse à Ben Salem Himmich


Ssi Himmich, Azul Fellak ;

Je me suis permis de vous adresser cette réponse, suite à votre sortie médiatique – la première me semble-t-il – sur 2M, lors de l’émission « Tayyarat » animée par le journaliste M. Abdessamad Ben Cherif. Je vous avoue, M. Himmich, que je me suis déjà fait une idée suffisante de vous, depuis longtemps : votre littérature – vis-à-vis de l’amazighité- de bas étage fonde la ségrégation et le racisme. Elle enfante l’arabomania, cette maladie endémique dont beaucoup de vos semblables sont atteints, une sorte de cancer idéologique qui fait corps avec vous. Incurable. Qui vous empêche d’admettre l’Autre et de le respecter dans sa différence et ses spécificités. Une idéologie qui fonctionne comme un concasseur sans chauffeur, qui écrase tout sur son passage.

C’est donc par hasard qu’un ami m’a informé des propos que vous avez tenus lors de l’émission de 2M. Propos inqualifiables du reste, eu égard à votre statut de Ministre de Sa Majesté, que vous déshonorez lamentablement, chargé de la gestion de la politique culturelle de notre pays. Vous seriez même philosophe, selon la rumeur, un « intellectuel » qui cogiterait sur les affaires de la création et de l’art. Un visionnaire donc !
Hélas, vos déclarations et vos vociférations irresponsables témoignent de votre duplicité et dévoile la face cachée de votre personnalité : un porteur d’eau de l’arabo-wahhabiste doublé d’un stalinien baathiste en déphasage avec l’évolution du Royaume et du monde. A des années lumières des Discours historiques de Sa Majesté sur l’amazighité. Bref un petit. Je suis convaincu que vous n’appartenez à aucune tribu (vous ne vous appelez ni Aït Himmich ni Ida Ouhimmich ni Banou Himmich) et je vous rappelle qu’au Maroc, tout citoyen marocain fait partie d’une communauté tribale, elle même fédérée ou confédérée au sein d’un ensemble de communautés tribales qui composent l’ossature de la société marocaine. Et du Royaume du Maroc. Ceci pour vous rappeler des données élémentaires en matière de sociologie marocaine. Dans cette perspective, vous pouvez pouvez être considéré comme clandestin, sorte d’émigré, usurpateur et opportuniste qui a accédé aux hautes fonctions ! Au sein d’un gouvernement dirigé par votre « cousin » fassi, Abbas El Fassi, architecte de la célébrissime affaire Annajat.

Mais passons. Le but de ma réponse n’est pas de vous inculquer les rudiments et les ABC de la civilisation marocaine. Mon objectif est de vous rappeler à l’ordre, en tant que Ministre de Sa Majesté, dont, à mon avis, vous ne méritez pas la confiance, payé grâce aux deniers publics. Votre arrogance « d’arabocrane » patenté vous rend ridicule. Vous êtes figé sur un passé arabe anachronique, fait de massacres et de razzias. D’esclavagisme et de tyrannie. A chaque fois que vous évoquer André Malraux, ce dernier se retourne dans sa tombe. Inspirez vous plutôt de Saddam Hussein et de Hitler, d’El Bachir et pourquoi pas de Ben Laden, dont l’évocation rappelle des génocides perpétrés au nom d’une idéologie « arabo-arienne » qui opère une stratification des « races » humaines, des langues et des cultures. Histoire de rester cohérent avec vos postulats dogmatiques arabistes obsolètes.

Vous avez donc osé reproduire – dans votre stratégie culturelle – les démarches de vos ancêtres Arabes pour nous proposer des « Olympiades de poésie jahillite ». Vous êtes à court d’idée ! Vous n’avez même pas d’idées, monsieur le Ministre. Et justement, je vous en propose : organiser des « olympiades de dictée arabe » de sorte que les citoyens soient instruits sur la place de la Hamza dans la langue arabe, et pourquoi pas, dans un registre engagé, un concours ou un festival sur « la chaussure arabe » dans ses dimensions symboliques et civilisationnelles en invitant une « pléiade » de poètes arabes à composer des poèmes satiriques, en hommage au journaliste irakien qui défia l’oncle Sam ?

D’un revers de main, vous avez affirmé avoir – puisque le Ministère de la Culture serait votre propriété privée – par générosité et compassion, octroyé à l’IRACM une journée entière qu’il y fasse « ce qu’il veut » ! C’est votre style de dandy raté. Et vous avez, cyniquement, programmé les activités de l’AMREC (association amazighe) au dernier jour du Salon du livre. De la désinvolture et une manière sournoise de narguer les Hautes Décisions de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI relatives à l’amazighité.

Pour vous l’amazighité devra se conformer à votre vision d’apartheid. Les Amazighes seraient des sous hommes, inférieurs aux Arabes, des indigènes ou des « apaches » qui ne peuvent prétendre à aucune souveraineté. Ils sont condamnés à vivre sous la tutelle des Arabes, diffuseurs de lumière, de poussière et de terrorisme. Vous adopter donc une posture de colonisateur ou plutôt de collaborateur qui œuvre pour l’anéantissement de la culture amazighe, sur sa propre terre. Car, je vous le rappelle, les Arabes ont déferlé sur l’Afrique du nord comme une nuée de sauterelles, selon les propos d’Ibn Khaldoun, ravageant tout sur leur passage. Les Emirs et autres princes omeyyades ont fait de l’Afrique du nord un vivier d’exportation de femmes – la traite esclavagiste – vers l’Orient arabo-musulman assoiffé de chaire humaine. Un clin d’œil aux 72 vierges dont vous devez connaître les tenants et les aboutissants, monsieur le Ministre. Des arabes qui, pour nous sortir des « ténèbres » où nous vivions sans loi ni foi, nous apportèrent la polygamie, le mépris de la femme, la burka, la haine de nos frères juifs, le mariage légal avec des mineurs, le fanatisme, l’intégrisme et le terrorisme ! Tout un programme monsieur le Ministre !

Plus grave et votre posture indisciplinée : vous avez osé narguer et défier les décisions du Souverain. Vous rêvez d’enseigner l’amazighe et l’écrire avec le caractère des « sapaguetti », pour reprendre une expression imagée. Et en tant que « marionnette ministrée » arbitrairement, vous avez eu le culot d’ergoter sur l’amazighe dont vous ne parler pas un traître mot. Vous avez tout de même choisi à une de vos rejetants le nom d’Athéna. Votre moitié serait grecque. Vous penchez pour le mythe plutôt que pour le réel.
Et à propos des tifinaghes, écriture amazighe dont l’existence est attestée il y a plus de 5000 ans, vous devriez, en tant « qu’homme de culture » lui témoigner le respect et l’admiration. C’est une écriture authentique, spécifiquement nord africaine, qui a fait l’objet de recherches menées par des spécialistes du monde entier. Un patrimoine mondial donc. Et vous, « intellectuel » raté, vous adoptez à son égard une position de mépris, par ignorance. Honteux. Elle vous dérange et vous rappelle « l’exogénéité » de l’arabe dans notre pays ! Amazighe.

Vous êtes un personnage drôle, amoureux des fanfaronnades et des discours creux et ennuyeux, propres aux arabistes, cette espèce de phraseurs qui délirent, éructent et rotent à plein temps, cultivant un mépris épidermique pour le « peuple ». Car la culture pour vous se limite à la poésie orgiaque des « poètes arabes maudits » et païens. Je vous rappelle monsieur le Ministre que je suis amazighe, je suis chez moi, sur ma terre et vos radotages ne m’impressionnent pas. Vous faites partie de cette espèce arabocranisée qui pensent que les Arabes constituent l’essence de la création humaine et divine ! Votre monde arabe inspire la pitié. En le prenant comme repère et référence civilisationnelle, vous devriez penser à aller vous faire exploser à Tel-Aviv, Kaboul ou New York ou ailleurs. Ressaisissez-vous donc, monsieur le Ministre. Vous êtes ridicule. Vous inspirez la pitié. Car, en tant qu’amazighe, forgé par des valeurs millénaires universelles, je m’abstiens de qualifier vos actes. Cela fait partie de ma culture, qui est en rupture avec les valeurs anachroniques et misanthropes de ta culture d’arabiste.

Il est vrai que tes parents et grands parents n’ont pas participé à la résistance face à la colonisation, ils ont préféré la collaboration avec le colonisateur appelé pour « pacifier le bled des indigènes ». Un clin d’œil à « La condition humaine » de Malraux. Tu ne connais rien du Maroc profond et amazighe. Tu n’as jamais été à Aghbala, Imilchil, Aknoul, Bourd, Amezmiz, Anfgou, Msemrir, Ajdir, Anemzi…Tu t’es contenté des ruelles étouffantes des médinas de Salé, Tétouan…et de leurs qissariat. Tu ne sais rien sur la bataille de Tazizawt, Bougafer, Baddou, Ajdir… Moha Ou Hammou Azayyi, Moha Ou Saïd, Zayd Ou Hmad et Assou Ou Baslam sont des « apaches » à tes yeux que tes protecteurs colonisateurs ont massacrés.
En fait, mon propos n’a qu’un but : te permettre d’atterrir au lieu de rêvasser. Le Maroc de demain sera amazighe ou ne sera pas. Pensez-y, monsieur le Ministre. C’est une question de temps ! Votre crédibilité est entamée. Pour de bon.

A bon entendeur. Azul fellak à dda Himmich.


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