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Première promotion de traducteurs amazighs diplômée à Tanger : quel impact sur l’officialisation de la langue ?


La remise des diplômes de la première promotion de traducteurs spécialisés en traduction écrite de et vers l’amazigh, à l’École Supérieure Roi Fahd de Traduction de Tanger, relance la question du rythme d’application du statut officiel de cette langue, plus de dix ans après sa reconnaissance constitutionnelle en 2011. L’événement s’est déroulé dans le cadre de la cérémonie de remise des diplômes de la 38ᵉ promotion de l’établissement, relevant de l’Université Abdelmalek Essaâdi, au titre de l’année universitaire 2025-2026.

Cette promotion constitue la première élite académique formée officiellement à la traduction professionnelle entre l’arabe, l’amazigh et le français. Or, selon des acteurs du champ amazigh, les administrations publiques, les tribunaux et les médias manquent toujours des ressources humaines capables de faire vivre l’usage de l’amazigh au quotidien, malgré plusieurs années d’existence de la loi organique n° 26.16, qui fixe les étapes de mise en œuvre du caractère officiel de la langue amazighe et les modalités de son intégration dans l’enseignement et les domaines prioritaires de la vie publique.

La cérémonie a réuni 109 diplômées et diplômés, et a également marqué la sortie de la première promotion du master « arabe – chinois – anglais », en présence de responsables universitaires, d’enseignants-chercheurs et des familles des lauréats.

À cette occasion, le directeur de l’école, Mohamed Kharchich, a indiqué que la création de cette filière de traduction en amazigh s’inscrit dans l’engagement de l’établissement en faveur des chantiers nationaux relatifs à cette langue. Il a précisé que l’école prévoit également de lancer une filière d’interprétariat entre l’arabe, l’amazigh et le français, afin de répondre aux besoins croissants des institutions nationales en compétences dans ce domaine.

Des observateurs de la cause amazighe estiment que ce type d’initiative académique, aussi important soit-il, doit s’accompagner d’une dynamique institutionnelle plus large, incluant le recrutement effectif de ces compétences au sein des administrations et des services publics. À défaut, la formation risque de rester sans traduction concrète en matière d’accès linguistique aux services publics. Reste à savoir si cette promotion, et celles qui suivront, parviendront à combler l’écart persistant entre le cadre juridique consacrant le statut officiel de l’amazigh et sa mise en œuvre réelle dans l’administration, la justice, l’enseignement et les médias.

Source: Amadal Amazigh


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