Après le passeport, des voix réclament l’intégration de l’amazighe sur la carte d’identité et les billets de banque

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Pour de nombreux observateurs, l’adoption de l’amazighe dans le passeport constitue une étape importante dans la mise en œuvre de son caractère officiel

L’annonce de l’intégration de la langue amazighe dans le nouveau passeport biométrique marocain, dont la mise en circulation est prévue en août prochain, a suscité de vives réactions positives sur les réseaux sociaux au Maroc. Nombreux sont les Marocains à avoir salué cette décision, y voyant une nouvelle étape dans le renforcement de la place de l’amazighe au sein des institutions et administrations publiques, ainsi qu’une nouvelle concrétisation de son statut de langue officielle dans la constitution du pays.

Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont salué la présence de l’amazighe, prochainement aux côtés de l’arabe, du français et de l’anglais, dans le nouveau passeport biométrique. Pour eux, son inscription dans l’un des documents officiels les plus importants pour le citoyen marocain représente une avancée à la fois symbolique et concrète, qui traduit les progrès réalisés dans l’application des dispositions constitutionnelles et de la loi organique relative à l’officialisation de l’amazighe.

Les militants du mouvement amazigh, eux, se montrent plus partagés. Certains estiment que cette mesure arrive tardivement, plusieurs années après l’adoption de la loi organique n° 26.16, qui fixe les étapes de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazighe et les modalités de son intégration dans les différents domaines de la vie publique. D’autres y voient au contraire le début d’un processus d’application concrète de cette loi, notamment s’agissant de l’usage de l’amazighe au sein des administrations et services publics.

Le sixième chapitre de la loi organique, consacré à « l’usage de l’amazighe dans les administrations et l’ensemble des services publics », prévoit une série d’obligations à mettre en œuvre progressivement. L’article 21 dispose ainsi que les mentions figurant sur plusieurs documents officiels devront être rédigées en amazighe, en plus de l’arabe : la carte nationale d’identité électronique, l’acte de mariage, le passeport, les différents types de permis de conduire, la carte de séjour délivrée aux étrangers résidant au Maroc, ainsi que diverses cartes personnelles et attestations délivrées par l’administration.

L’article 22 prévoit pour sa part que les pièces et billets de banque, les timbres postaux et les cachets des administrations publiques comportent des mentions en arabe et en amazighe. Quant à l’article 23, il impose aux autorités gouvernementales, aux établissements publics, aux collectivités territoriales et à l’ensemble des services publics de proposer en arabe et en amazighe les imprimés officiels et formulaires destinés au public, les documents et attestations établis par les officiers de l’état civil, ainsi que les documents et attestations délivrés par les ambassades et consulats marocains.

Plusieurs organisations amazighes appellent à accélérer la mise en œuvre des différentes dispositions de la loi organique, afin de garantir une présence effective de l’amazighe en tant que langue officielle de l’État, au même titre que l’arabe, et de ne pas se limiter à quelques documents administratifs. Nombre de militants réclament également la généralisation de son usage à la carte nationale d’identité, aux pièces et billets de banque, aux timbres postaux ainsi qu’aux différents documents et services administratifs, conformément aux dispositions constitutionnelles et légales, afin de renforcer l’égalité entre les deux langues officielles dans l’ensemble des services publics.

Pour de nombreux observateurs, l’adoption de l’amazighe dans le passeport constitue une étape importante dans la mise en œuvre de son caractère officiel. Mais l’aboutissement de ce chantier dépendra de l’accélération de la mise en œuvre des autres dispositions légales, afin de garantir la présence de l’amazighe dans l’ensemble des documents et services publics, conformément au calendrier fixé par la loi organique.


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