Il y a 64 ans, Abbas M’saâdi fût assassiné


Benberka et Allal El Fassi auraient assassiné M’saâdi il y a 64 ans.

L’assassinat de Abbas M’saâdi, chef de l’Armée de libération marocaine, le 27 juin 1956, serait l’œuvre du Parti de l’Istiqlal / UNFP. Cette organisation armée amazighe moderne représentait un danger pour la France et pour les leaders du Parti de l’Istiqlal marocain. Ce dernier a tenté de la doubler en créant une autre organisation à Tétouan, affidée au parti, et prônant les négociations avec la France, contre Abbas M’saâdi qui a refusé la « politisation » de l’Armée de libération. Les archives coloniales françaises et américaines montrent du doigt Mehdi Benbarka et Allal El Fassi, deux dirigeants du Parti de l’Istiqlal durant cette période (avant la scission de ce parti en deux : Parti de l’Istiqlal et UNFP).

C’est ce qui ressort des rapports diplomatiques de Louis Dubois, ambassadeur de France au Maroc à l’époque. Il s’agit d’un assassinat exécuté par des hommes de mains, sur ordre de Benberka. A signaler que cet assassinat eut lieu quand Mohamed Elghzaoui était à la fois responsable de l’Administration générale de la sureté nationale et de la police politique, et membre dirigeant des milices du Parti de l’Istiqlal qui n’admettaient pas que Abbas M’saâdi et son armée échappent à leur contrôle et à leur mainmise (et Abbas M’saâdi était contre la mascarade du traité d’Aix-Les-Bains). Les milices étaient sous la supervision de Benbarka qui recevrait le soutien de la police politique.

Pour ce qui est des américains, nous citons Waterbury qui affirme dans son livre « La monarchie et l’élite politique au Maroc » :

« Benbarka a voulu faire du Parti de l’Istiqlal la seule organisation politique au Maroc ». C’est-à-dire un parti unique comme le FLN algérien, le Baath syrien…Il ajoute dans le même ouvrage : « Pour réaliser cet objectif, il (Benbarka) n’a pas hésité à pousser le parti vers une confrontation sanguinaire contre la résistance et l’Armée de libération. C’est dans ce cadre que s’inscrit l’assassinat de Abbas M’saâdi, responsable de l’Armée de libération dans le Rif ». Il renchérit et dit : « les leaders de la résistance appartiennent à différentes régions et n’ont jamais mis leur totale confiance dans les leaders du parti (de l’Istiqlal) : Bouâbid, Benbarka, Ibn Ssaddiq. Leur colère augmenta suite à l’assassinat de Abbas M’saâdi à Fès le 27 juin 1956, et qui fut perpétré, selon ce qui s’est dit, sur ordre de Benbarka… »

Dans ses Mémoires, Mahjoubi Aherdan cite des noms de personnes encore en vie qui auraient exécuté l’ordre de Benbarka. Abdellah Elkanouni, dans JISR ATAWASSOUL, n°20 affirme : « toutes les liquidations physiques et les assassinats survenus entre l’année 1956 et 1960 ont pour responsables directs Benbarka, Fkih Basri et Elaâraj ». Faut-il s’en étonner ? Le parti de l’Istiqlal et l’UNFP par la suite ont prôné le recours aux armes et à la violence contre ceux qui ne s’alignent pas sur leur vision. Ils ont voulu reproduire au Maroc amazighe des organisations importées auprès de dictateurs orientaux (Nasser, Assad, Boumediene…) pour éliminer la monarchie et instaurer le régime du parti unique pour museler l’amazighité et vandaliser notre histoire, culture, langue et mémoire amazighe.


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