L’Association des enseignants d’amazighe de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma dénonce des affectations arbitraires

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groupe enseignants tamazight

L’Association régionale des enseignants de la langue amazighe de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma a exprimé son inquiétude face à ce qu’elle a qualifié d’affectations illégales visant des enseignants de la matière à la Direction provinciale de Fahs-Anjra. Le bureau exécutif de l’association a précisé, dans un communiqué de protestation publié le 27 février 2026, que la direction a procédé, quelques semaines après le début du deuxième semestre, à l’affectation de deux enseignants dans des établissements autres que leurs établissements d’origine, malgré la présence continue d’élèves suivant la matière dans ces établissements. L’association a considéré cette décision comme une atteinte à la stabilité professionnelle et pédagogique des cadres enseignants.

L’association estime que cette mesure, justifiée par la direction au moyen de la note ministérielle n° 028/23 relative à la généralisation progressive de l’amazighe, manque de fondement juridique et pédagogique solide. Le communiqué souligne que le transfert des enseignants alors que leurs classes d’origine demeurent sans encadrement affecte négativement le déroulement normal des cours et porte atteinte au droit des apprenants à bénéficier, de manière équitable et régulière, des séances de langue amazighe. Elle met en garde contre les répercussions de cette dispersion sur la qualité des apprentissages et les résultats scolaires.

Dans son analyse des motivations de cette décision, l’association accuse la Direction de Fahs-Anjra, ainsi que le Ministère de l’Éducation nationale, de tenter de manipuler les chiffres et les indicateurs liés au taux de généralisation de l’amazighe. Le communiqué indique que le ministère adopterait une stratégie visant à augmenter formellement le pourcentage d’établissements généralisés en affectant un seul enseignant à un établissement entier afin de le comptabiliser, au lieu de calculer le taux sur la base du nombre réel d’élèves suivant la matière. Selon l’association, cela constitue une manœuvre visant à masquer les faibles taux réels de généralisation sur le terrain.

L’association a conclu son communiqué commun, signé par ses sections d’Al Hoceïma et de Larache, en réaffirmant son rejet catégorique de ces affectations et en exigeant leur annulation immédiate. Elle tient également le ministère responsable de la violation de la loi organique n° 26.16 et appelle à la création de postes budgétaires suffisants pour garantir une généralisation effective et réelle de l’amazighe à tous les niveaux d’enseignement, mettant fin à ce qu’elle qualifie de pratiques de procrastination et de gestion improvisée de ce dossier stratégique.


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